La tension politique monte d’un cran en République démocratique du Congo. Quelques jours après l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi encadrant l’organisation des référendums, plusieurs figures de l’opposition ont appelé à une journée « ville morte » prévue ce mercredi 3 juin 2026 à travers le pays.

Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle. Les opposants au pouvoir accusent le président de la République, Félix Tshisekedi, de vouloir ouvrir la voie à une modification de la Constitution susceptible de prolonger son maintien au pouvoir.

Une opposition vent debout contre le projet

Réunis au sein de la plateforme C64, plusieurs partis et mouvements politiques dénoncent ce qu’ils considèrent comme une remise en cause des principes démocratiques consacrés par la Constitution de 2006.

Pour ces formations politiques, la nouvelle loi sur le référendum pourrait constituer un instrument permettant d’engager des réformes constitutionnelles majeures. Elles craignent notamment qu’un tel processus ne conduise à une remise en question des limitations constitutionnelles relatives aux mandats présidentiels.

Le slogan « Ni glissement, ni changement » est devenu le principal mot d’ordre de cette mobilisation. Une formule qui fait écho aux tensions politiques ayant marqué la fin du régime de Joseph Kabila, lorsque plusieurs reports électoraux avaient alimenté les inquiétudes sur le respect de l’alternance démocratique.

Des accusations contre le pouvoir

Dans leurs déclarations publiques, certains responsables de l’opposition vont plus loin en accusant le chef de l’État de s’éloigner de l’esprit de la Constitution.

Des critiques ont également été formulées concernant la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Certains opposants évoquent notamment les relations entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte où les autorités congolaises continuent de dénoncer le soutien présumé du Rwanda aux groupes armés opérant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le gouvernement n’a pour l’instant donné aucun signe d’un projet officiel visant à modifier les dispositions constitutionnelles relatives à la durée ou au nombre de mandats présidentiels. Les autorités soutiennent que le débat sur la réforme constitutionnelle vise essentiellement à adapter certaines institutions aux défis actuels du pays.

La journée du 3 juin sous haute surveillance

L’appel à la journée « ville morte » constitue un important test politique pour l’opposition. Les organisateurs espèrent obtenir une forte mobilisation afin de démontrer leur capacité à fédérer une partie de l’opinion publique autour de leurs revendications.

De leur côté, les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur les mesures qui seront prises pour encadrer cette journée de protestation.

L’ampleur de la participation sera observée de près tant par les acteurs politiques nationaux que par les partenaires internationaux de la RDC, alors que le pays traverse une période marquée par des défis sécuritaires, économiques et institutionnels majeurs.

Un débat constitutionnel qui divise

Au-delà de la mobilisation annoncée, cette séquence politique révèle les profondes divisions qui traversent la classe politique congolaise concernant l’avenir des institutions.

Entre les partisans d’une adaptation de la Constitution aux réalités actuelles du pays et ceux qui craignent une remise en cause des équilibres démocratiques, le débat s’annonce particulièrement intense dans les mois à venir.

Alors que la RDC continue de faire face à une situation sécuritaire préoccupante dans sa partie orientale, la question constitutionnelle pourrait devenir l’un des principaux enjeux politiques de l’année 2026.


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