L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans le processus de révision constitutionnelle. Réunis ce mardi 9 juin 2026, les députés nationaux ont adopté la proposition de loi fixant les modalités d’organisation du référendum, ouvrant ainsi la voie à son examen par le Sénat.

Ce texte, considéré comme une pièce maîtresse du processus engagé par la majorité au pouvoir, suscite déjà de vifs débats au sein de la classe politique. En cause notamment, les dispositions accordant davantage de prérogatives au président de la République dans la convocation d’un référendum, une évolution que ses détracteurs considèrent comme susceptible de modifier l’équilibre institutionnel du pays.

Une chambre constituante élargie

Dans la continuité de cette avancée législative, l’Assemblée nationale a également procédé à la mise en place de la chambre constituante chargée d’examiner les réformes envisagées.

Contrairement aux précédents mécanismes, cette instance verra sa composition considérablement élargie. Aux députés nationaux viendront s’ajouter des députés provinciaux, des gouverneurs de province ainsi que des conseillers municipaux.

Pour la majorité présidentielle, cette configuration vise à garantir une représentation plus large des différentes composantes du pays. En revanche, plusieurs observateurs et responsables de l’opposition y voient une stratégie destinée à renforcer le poids politique du camp au pouvoir dans les discussions sur la future architecture institutionnelle.

L’opposition prépare la riposte

Face à ce qu’elle qualifie d’« accélération du processus de révision constitutionnelle », l’opposition multiplie les initiatives de contestation.

Après l’opération « ville morte » organisée la semaine dernière, la Coalition C64, conduite par Martin Fayulu, appelle désormais à un sit-in pacifique prévu le vendredi 12 juin à 10 heures devant le Palais du Peuple à Kinshasa.

À travers cette mobilisation, la plateforme entend obtenir l’abandon du projet de révision constitutionnelle. Elle souhaite également attirer l’attention des autorités sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les violences armées continuent d’affecter les populations civiles.

Un débat qui divise la classe politique

La question de la réforme constitutionnelle demeure l’un des sujets les plus sensibles du paysage politique congolais. Si les partisans du projet estiment qu’une adaptation des institutions est nécessaire pour répondre aux défis actuels du pays, leurs opposants redoutent une concentration excessive des pouvoirs entre les mains de l’exécutif.

Dans un contexte marqué par les préoccupations sécuritaires, les difficultés économiques et les attentes sociales, cette nouvelle séquence politique risque d’accentuer davantage les tensions entre majorité et opposition.

Alors que le texte doit désormais être soumis à l’examen du Sénat, les prochains jours s’annoncent déterminants pour l’avenir de ce projet et pour l’évolution du débat institutionnel en République démocratique du Congo.


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