Une décision judiciaire vient de faire grand bruit dans le milieu universitaire congolais. Le Conseil d’État a confirmé le retrait de la charge horaire de Deogratias Namegabe Mwegekwa, enseignant à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), après la découverte de l’absence de thèse de doctorat dans son dossier académique.

Cette affaire, qui soulève des questions sur le contrôle des titres académiques dans les établissements d’enseignement supérieur, pourrait constituer un précédent majeur pour le secteur universitaire en République démocratique du Congo.

Un audit interne à l’origine des révélations

Selon les éléments du dossier, Deogratias Namegabe Mwegekwa exerçait ses fonctions d’enseignement à l’UNISIC, anciennement Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC), depuis environ six ans et demi.

Le 8 janvier 2026, les autorités universitaires ont lancé une opération de contrôle physique et documentaire du personnel académique. Cet audit visait à vérifier la conformité des titres, qualifications et situations administratives des agents de l’université.

Les vérifications effectuées ont révélé que l’enseignant ne disposait pas d’une thèse de doctorat, une condition pourtant essentielle pour exercer certaines fonctions académiques au sein de l’établissement.

La rectrice retire sa charge horaire

À la suite des conclusions de cet audit, la rectrice de l’UNISIC, la professeure Espérance Bayedila Bakanda Tshimunu, a signé, le 2 février 2026, la décision rectorale n°018/2026 portant retrait immédiat de la charge horaire de l’intéressé.

Cette mesure s’inscrivait dans la volonté affichée par les autorités universitaires de renforcer le respect des normes académiques et de garantir la qualité de l’enseignement dispensé au sein de l’institution.

Le recours rejeté par le Conseil d’État

Contestant cette décision, Deogratias Namegabe Mwegekwa avait saisi le Conseil d’État à travers une procédure d’urgence, sollicitant la suspension de la décision prise par la rectrice.

Dans son ordonnance ROR 1557 rendue le 28 mai 2026, la haute juridiction administrative a rejeté la requête. Les juges ont estimé que les moyens invoqués par le requérant ne justifiaient pas la suspension de la mesure conservatoire prise par l’administration universitaire.

Cette décision conforte ainsi la position de l’UNISIC dans cette affaire.

Un précédent pour l’enseignement supérieur congolais

Au-delà du cas individuel, cette affaire envoie un signal fort à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur du pays.

Elle rappelle l’importance du respect des critères académiques et de la vérification rigoureuse des qualifications du personnel enseignant. Dans un contexte où la qualité de la formation universitaire constitue un enjeu majeur pour le développement national, cette décision pourrait encourager d’autres institutions à renforcer leurs mécanismes de contrôle.

Pour plusieurs observateurs, la crédibilité des universités et la qualité des diplômés dépendent avant tout du niveau de qualification et de l’intégrité du corps académique chargé de leur formation.


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