L’inquiétude monte en République centrafricaine alors que l’épidémie d’Ebola signalée en République démocratique du Congo continue de susciter des préoccupations dans la sous-région. À Bangui, la proximité avec la ville congolaise de Zongo, située de l’autre côté de la rivière Oubangui, nourrit les craintes d’une éventuelle propagation du virus.
Les échanges quotidiens entre les populations des deux pays restent intenses. Chaque jour, des dizaines d’embarcations assurent la traversée entre Bangui et Zongo pour des raisons commerciales, familiales ou professionnelles. Une situation qui pousse de nombreux habitants à s’interroger sur les risques sanitaires liés à cette circulation transfrontalière.
Un décès à Bangui alimente les rumeurs
La psychose s’est accentuée cette semaine après le décès d’un ressortissant congolais dans le quartier Kokoro, situé dans le troisième arrondissement de Bangui.
Rapidement, des rumeurs ont circulé évoquant un possible cas d’Ebola. Toutefois, les autorités sanitaires ont démenti cette hypothèse. Selon les résultats des examens médicaux réalisés à l’hôpital communautaire, la victime est décédée des suites d’une tuberculose et non du virus Ebola.
Malgré cette clarification, la peur continue de gagner plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine.
Les habitants réclament davantage de prévention
Sur les rives de l’Oubangui, les habitants reconnaissent l’importance des échanges entre les deux pays, tout en appelant à une vigilance accrue.
« La prévention demeure la meilleure arme contre cette maladie », estime Melchi, un riverain interrogé à Bangui. Comme de nombreux habitants, il redoute que les déplacements quotidiens entre les deux rives favorisent l’introduction du virus sur le territoire centrafricain.
Dans le quartier Kokoro, d’autres citoyens appellent les autorités à renforcer les capacités du système de santé.
« Les hôpitaux du pays ne sont pas suffisamment équipés. Si ce virus arrive ici, il sera difficile de le maîtriser », s’inquiète John, résident du troisième arrondissement.
Les autorités renforcent la surveillance sanitaire
Face à ces préoccupations, le gouvernement centrafricain affirme avoir intensifié les mesures de prévention et de surveillance.
Le ministre de la Santé, le docteur Pierre Somsé, a annoncé un renforcement du dispositif de veille sanitaire. Selon lui, tous les décès enregistrés dans les quartiers feront désormais l’objet d’une attention particulière afin d’écarter tout risque lié à Ebola.
Les autorités travaillent également avec leurs partenaires sanitaires pour améliorer la préparation des hôpitaux et renforcer les capacités de détection rapide d’éventuels cas suspects.
Aucun cas confirmé à ce jour
Malgré les inquiétudes qui traversent la population, aucun cas d’Ebola n’a été enregistré en République centrafricaine à ce jour.
Les autorités sanitaires appellent la population à rester vigilante tout en évitant la propagation de fausses informations susceptibles d’alimenter la panique. Elles insistent sur l’importance du respect des mesures d’hygiène et de la collaboration avec les services de santé afin de prévenir toute éventuelle introduction du virus dans le pays.
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