De slameur à romancier, Shekinah Yala – alias Yala Shek – a fait de l’écriture un refuge, puis une vocation. Dans cet entretien intimiste, il revient sur son parcours, ses inspirations, et son prochain projet littéraire ancré dans une réalité douloureuse de la RDC.
Zoff Makumu : Yala Shek, bonjour. Beaucoup vous connaissent comme slameur. Comment vous définissez-vous aujourd’hui ?
Yala Shek : Bonjour ! Aujourd’hui, je me définis tout simplement comme écrivain. Le slam n’était qu’un passage, un canal pour m’introduire dans la littérature. Aujourd’hui, je suis pleinement engagé dans l’écriture.
Vous êtes donc écrivain à temps plein ?
Oui, à 100 %.
Votre dernier livre, Ma place dans ce monde, a touché de nombreux lecteurs. C’est une œuvre très introspective. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ce livre est né dans un contexte très personnel : une période de maladie, d’isolement, de souffrance physique et morale. J’ai passé plus de six mois enfermé chez moi. L’écriture était mon seul exutoire. Chaque jour, écrire m’a maintenu en vie.
Votre dernier livre, Ma place dans ce monde, a touché de nombreux lecteurs. C’est une œuvre très introspective. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Pourquoi avoir choisi ce titre, Ma place dans ce monde ?
Parce que je traversais une crise existentielle. J’avais perdu goût à la vie, et écrire m’a permis de m’éloigner d’idées sombres, de retrouver du sens, un ancrage. Ce livre, c’est ma tentative de me reconstruire à travers les mots.
Un récit très personnel donc. Mais pensez-vous qu’il parle aussi aux autres ?
Complètement. Je pense qu’il y a toujours quelque chose d’universel dans ce que l’on vit. Les questionnements, les angoisses, la solitude : ce sont des émotions partagées. Ce livre, au départ un journal intime, peut aussi servir de miroir pour d’autres.
Avez-vous reçu des retours marquants ?
Pas encore de la critique littéraire, mais je reste optimiste. Peut-être qu’il sera republié. Ce serait une belle opportunité.
Avec du recul, changeriez-vous quelque chose dans ce récit ?
Peut-être deux ou trois passages mineurs, mais dans l’ensemble, non. Il est fidèle à l’état dans lequel j’étais. C’est ça qui compte.
Depuis cette publication, votre vision de l’écriture a-t-elle changé ?
Oui, j’ai mûri. J’ai publié deux recueils de poèmes avant ce livre, et avec le recul, je regrette de ne pas avoir attendu davantage de maturité. Maintenant, je veux que chaque projet soit plus solide que le précédent.
Parlons justement de votre prochain projet. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ce sera un roman, un genre dans lequel je compte vraiment m’établir. Il s’inspire d’un fait réel : le conflit ethnique entre Téké et Yaka qui secoue la RDC depuis 2022. C’est une fiction, mais ancrée dans une vérité sociale et historique.
Un choix engagé. Pourquoi aborder un sujet aussi sensible ?
Parce que la littérature est un outil puissant pour dire l’indicible. À travers les personnages, les récits, on peut raconter ce que les rapports officiels ne peuvent pas transmettre. J’ai voulu créer une œuvre qui parle à tous, sans barrière de génération ou de classe sociale.
À qui s’adresse ce roman ? Quel message portez-vous ?
À tout le monde. Il n’y a pas de public cible restreint. J’espère que chacun pourra s’y retrouver, s’émouvoir, réfléchir. Mais je préfère laisser le message se dévoiler au fil des pages. Le roman est le lieu du non-dit, de la découverte.
Où en êtes-vous dans le processus d’écriture ? Une date de sortie en vue ?
Nous sommes actuellement en phase de correction avec mon agent. Tout avance bien. La publication est prévue pour l’année prochaine.
Avez-vous d’autres projets au-delà de l’écriture ?
Oui. J’aimerais participer à des salons du livre pour aller à la rencontre du public, échanger, créer du lien autour de la littérature.
Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Je pense à eux. Et j’écris pour leur faire plaisir.
Un mot sur le titre du prochain livre ?
Je préfère le garder secret jusqu’à la sortie. On pourrait me le piquer !
Merci Yala Shek pour cet échange sincère. On vous souhaite le meilleur pour vos futurs projets.
Merci à vous. À très bientôt, j’espère.
