Des rebelles du M23 dans le village de Karuba, dans l'est de la République démocratique du Congo. Photo : AFP / PHIL MOORE

Les combats entre les groupes armés locaux, les Wazalendo, et les rebelles du M23 ont pris une nouvelle ampleur depuis la soirée du lundi 7 avril, sur plusieurs sites du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo. Des villages comme Bushaku, Katale, Kafufula, et Lemera ont été le théâtre de violents affrontements, semant la panique parmi les populations locales.

Les Wazalendo repoussent les M23 à Bushaku

Les Wazalendo, un groupe de résistants autochtones, ont récemment réussi à repousser les forces du M23 à Bushaku. Selon une source locale, la situation reste tendue, et la crainte est forte que les rebelles ne progressent vers la route principale pour poursuivre leur offensive. « La situation est compliquée et confuse dans plusieurs localités du territoire de Kalehe », a témoigné un habitant de la région. « La population craint que les combats n’atteignent d’autres zones sensibles« , a-t-il ajouté.

Impact direct sur les écoles et la population

Ces affrontements ont des conséquences directes sur la vie quotidienne. Les écoles ont été fermées à Kalehe Centre et à Ihusi, où élèves et écoliers ont été renvoyés par mesure de sécurité. « Les élèves ont été renvoyés par crainte des combats », a précisé un résident d’Ihusi. La société civile rapporte également de violents combats à Katale et Kafufula, où des milliers de personnes tentent de fuir vers la localité de Tushunguti pour échapper à l’escalade des violences.

Lemera : une zone de tension, mais pas de combats directs

À Lemera, bien qu’aucun affrontement direct n’ait été signalé, la présence de centaines de Wazalendo est visible depuis la matinée, marquant une forte mobilisation de la résistance. Les tensions restent néanmoins élevées, et les autorités locales surveillent de près l’évolution de la situation.

La population locale et les acteurs de la société civile dénoncent également les pillages systématiques qui accompagnent ces combats. « À chaque confrontation, il y a des pillages et des destructions. C’est la population qui en paie le prix », a déploré un acteur local, soulignant la gravité des pertes matérielles et humaines.

Ces affrontements interviennent dans un contexte politique particulièrement chargé, quelques jours après la nomination des administrateurs des territoires par le M23, qui a instauré un contrôle plus direct sur le Sud-Kivu. Le territoire de Kalehe est désormais dirigé par Buseye Jean Bosco, administrateur du territoire, et Ndaye Faustin, administrateur assistant, tous deux désignés par le mouvement rebelle. Cette évolution a exacerbé les tensions et a renforcé la résistance locale.

Alors que la situation sur le terrain reste volatile, la communauté internationale suit de près l’évolution des événements à Kalehe, en appelant à un cessez-le-feu et à la protection des civils. La question du maintien de la paix et de la sécurité dans l’est de la RDC demeure une priorité pour les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.

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