À Masina, dans le quartier Abattoir, sur l’avenue Ngagwele, comme dans d’autres coins de la capitale, les pluies diluviennes ont plongé Kinshasa dans une situation dramatique. La ville est paralysée, les dégâts humains et matériels sont considérables.
Des scènes de désolation s’enchaînent depuis la nuit de samedi à dimanche. Certains habitants ont passé la nuit perchés sur les toits de leurs maisons, d’autres réfugiés dans des stations d’essence ou bloqués dans leurs véhicules, incapables de rejoindre un abri.
« On ne savait pas où aller. L’eau a tout envahi. On a juste grimpé là où on pouvait pour sauver nos vies », raconte un habitant joint par téléphone.
La montée brutale des eaux a surpris des milliers de Kinois, notamment dans la commune de Masina, l’une des plus touchées. Les routes sont impraticables, les maisons inondées, et plusieurs zones restent toujours inaccessibles. Le bilan officiel reste difficile à établir.
Pour l’instant, Daniel Bumba, Gouverneur de la ville, évoque un bilan provisoire de 22 morts. Ce chiffre pourrait s’alourdir dans les heures à venir, au fur et à mesure que les secours atteindront les zones sinistrées.
Face à l’ampleur du désastre, certains responsables politiques, dont plusieurs élus de la circonscription de Tshangu, se sont rendus sur le terrain, notamment au niveau du pont N’djili, pour constater les dégâts.
Mais la réaction des autorités nationales a suscité la colère de plusieurs habitants. Au lieu de présenter un plan d’action concret, certains responsables ont blâmé les populations installées dans les zones déclarées inconstructibles.
« Ce n’est pas le moment de pointer du doigt. Nous avons besoin de solutions, d’abris, de secours ! », s’indigne une mère de famille déplacée.