présidentielles Gabon : La liste des prétendants à la magistrature suprême du Gabon s’étoffe. Samedi 8 mars à 18h locales (17h TU), le délai pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 12 avril a expiré. Pas moins de 23 candidats ont rempli les formalités requises auprès du ministère de l’Intérieur, marquant ainsi le début d’une course électorale qui s’annonce déterminante pour l’avenir du pays.
Brice Oligui Nguema en lice avec le “Mouvement des bâtisseurs”
Premier à officialiser sa candidature, le président de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema s’est présenté au ministère de l’Intérieur accompagné de son épouse Zita et d’une foule de partisans. Dans un geste conforme au code électoral, il a annoncé sa mise en disponibilité de l’armée, condition sine qua non pour sa participation. « Le ministère de la Défense l’a acceptée », a-t-il déclaré. L’ancien chef de la Garde républicaine, qui a pris le pouvoir en août 2023 après un coup d’État renversant Ali Bongo, se présente en indépendant sous la bannière de son nouveau parti, le Mouvement des bâtisseurs.
Un scrutin marqué par une diversité de candidatures
L’ancien Premier ministre Alain Claude Bilie By Nze a également officialisé sa candidature, bien qu’il ait préféré rester discret pour l’instant, promettant une déclaration détaillée dans les jours à venir.
Parmi les figures notables de cette élection, le syndicaliste Jean-Rémy Yama, fervent défenseur des droits des travailleurs, rejoint la liste des prétendants après avoir purgé 18 mois de prison sous le régime Bongo. De son côté, Pierre Claver Maganga Moussavou, fondateur du Parti social-démocrate (PSD), brigue la présidence pour la cinquième fois, malgré son âge avancé de 72 ans, alors que la Constitution fixe la limite à 70 ans.
Le scrutin enregistre également une participation féminine notable avec au moins quatre candidates, dont Zenaba Gniga Chaning et Marlène Essola Efoutamane, toutes deux engagées en tant qu’indépendantes.
Un absent de taille : Albert Ondo Ossa
L’un des grands absents de cette liste est Albert Ondo Ossa, l’opposant qui avait affronté Ali Bongo lors de l’élection controversée d’août 2023. Sa non-candidature interroge, alors que de nombreux Gabonais espéraient un duel entre lui et Oligui Nguema pour ce premier scrutin post-Bongo.
Validation des dossiers et incertitudes sur la transparence du scrutin
Les dossiers déposés seront minutieusement examinés avant la publication officielle de la liste des candidats autorisés à concourir. Certains postulants ont déjà sollicité un délai supplémentaire pour fournir des pièces manquantes, notamment la quittance attestant du dépôt de la caution de 30 millions de francs CFA exigée pour valider une candidature.
Si cette élection représente une étape clé vers un retour à l’ordre constitutionnel, des doutes persistent sur l’équité du processus. Le rôle de l’armée, toujours influente, ainsi que les conditions d’organisation du scrutin seront scrutés de près par l’opinion publique et la communauté internationale.
Le 12 avril 2025, les Gabonais auront donc à choisir parmi une palette variée de candidats, dans un climat politique marqué par les attentes de changement et les incertitudes liées à la transition en cours.
Des infos claires pour tous !