La deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix s’est tenue mercredi 16 septembre 2026 au Centre interdiocésain de Kinshasa, siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Les échanges ont notamment porté sur les enjeux, les perspectives et les conditions d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo (RDC).
La CENCO ouvre un espace de réflexion sur le dialogue national
Organisée par la Commission épiscopale Justice et Paix de la CENCO, la rencontre s’est déroulée dans la salle Saint-Sylvestre autour de deux panels. L’objectif était de créer un espace de réflexion et de confrontation des points de vue sur le dialogue national, dans un contexte marqué par des divergences sur son format et ses modalités.
Le panel consacré au dialogue national a réuni trois personnalités issues de sensibilités politiques différentes : Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, Martin Fayulu, figure de l’opposition, et Marie-Ange Mushobekwa, actrice politique et ancienne ministre.
Malgré leurs divergences sur le format du processus, les trois intervenants ont reconnu la nécessité d’un dialogue permettant aux Congolais d’échanger sur l’avenir du pays.
Pour Patrick Muyaya, il serait, à ce stade, prématuré de s’opposer au dialogue. Le ministre considère qu’il s’agit d’un processus susceptible d’évoluer au fil des échanges et au sein duquel chacun pourrait, chemin faisant, trouver des réponses à ses aspirations. Il soutient également que le dialogue initié par le président Félix Tshisekedi n’exclut aucune composante.
De son côté, Marie-Ange Mushobekwa estime qu’un véritable dialogue national doit permettre aux Congolais de se retrouver autour d’une même table. Elle appelle le pouvoir en place à favoriser la décrispation politique afin de permettre notamment la participation des Congolais vivant à l’étranger.
Sur la question de la facilitation, elle considère que les bons offices de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC) sont indispensables pour accompagner le processus.
Martin Fayulu défend, pour sa part, un format plus large. Il estime que le dialogue proposé dans sa forme actuelle ne présente pas, selon lui, les garanties d’une véritable inclusivité. Il plaide notamment pour que les acteurs engagés dans les pourparlers de Doha puissent également être associés aux discussions.
Patrick Muyaya…
Cette rencontre intervient alors que les autorités congolaises ont engagé un processus de consultations autour du dialogue national annoncé par le chef de l’État. La question de son format, de ses participants et du rôle des confessions religieuses demeure au cœur des débats.
Pour la Commission Justice et Paix de la CENCO, cette confrontation des points de vue constitue précisément un espace de réflexion sur les conditions d’un dialogue susceptible de contribuer à la recherche de la paix et de la cohésion nationale.
Au terme des échanges, le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a estimé que la confrontation des différentes idées pouvait contribuer à faire émerger des pistes de sortie de crise. Il a appelé les différentes parties à faire preuve de bonne volonté.
La Journée nationale Justice et Paix s’inscrit ainsi dans les initiatives de la CENCO en faveur de la paix, de la démocratie et du vivre-ensemble en République démocratique du Congo.
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