La Cour d’appel de Rabat a confirmé les peines de prison prononcées contre 18 supporters sénégalais poursuivis pour les violences survenues lors de la finale de la CAN 2025 au Maroc. Cette décision provoque une vive indignation au Sénégal, où les autorités sportives dénoncent une justice à « deux vitesses » et appellent à une réponse diplomatique.
Des peines confirmées en appel
La justice marocaine a confirmé, lundi 13 avril, les condamnations prononcées en première instance contre les 18 supporters sénégalais arrêtés après les violences ayant éclaté lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, disputée au stade Moulay-Abdellah à Rabat.
Les peines retenues sont les suivantes :
- 9 supporters condamnés à un an de prison
- 6 supporters condamnés à six mois de prison
- 3 supporters condamnés à trois mois, une peine qu’ils auront bientôt purgée
Ces derniers devraient être libérés dans les prochains jours et autorisés à regagner le Sénégal.

Une audience longue et tendue
L’audience en appel a duré près de neuf heures, au cours desquelles les avocats de la défense ont tenté de faire valoir plusieurs irrégularités de procédure.
Les accusés ont été entendus individuellement et ont tous nié avoir participé aux violences.
Certains ont expliqué être descendus sur la pelouse du stade pour fuir les mouvements de foule dans les tribunes, après une fin de match particulièrement tendue.
Malgré ces arguments, la cour d’appel a choisi de maintenir intégralement les peines prononcées en première instance.
Colère et indignation au Sénégal
Au Sénégal, cette décision a provoqué une vague d’indignation.
La Fédération sénégalaise de football a dénoncé une « parodie de justice », estimant que les peines sont disproportionnées.
Son secrétaire général, Abdoulaye Saydou Sow, déplore notamment que seuls des supporters sénégalais aient été poursuivis, alors que les violences auraient impliqué également des supporters marocains.
Selon lui, cette situation donne l’impression d’un traitement judiciaire déséquilibré.
Un dossier devenu sensible sur le plan diplomatique
Au-delà du sport, cette affaire prend désormais une dimension diplomatique.
Les réactions au Sénégal traduisent un sentiment d’humiliation collective, renforcé par la perception d’une décision injuste à l’égard des supporters sénégalais.
Certains appellent à préserver les relations historiques entre le Sénégal et le Maroc, deux pays considérés comme partenaires proches.
Des voix s’élèvent pour demander aux autorités diplomatiques d’intervenir afin d’apaiser les tensions.
Une affaire révélatrice des tensions autour du football
Cette affaire rappelle à quel point les grandes compétitions sportives peuvent rapidement dépasser le cadre du jeu.
La finale de la CAN 2025 a laissé place à :
- des affrontements violents,
- une crise judiciaire,
- des tensions diplomatiques,
- une forte mobilisation de l’opinion publique.
Elle met également en lumière les enjeux liés à la gestion sécuritaire des grands événements sportifs et à la protection des supporters étrangers.
entre justice, sport et diplomatie
Une justice contestée
La confirmation des peines renforce le sentiment d’injustice au Sénégal, surtout en l’absence de poursuites contre d’éventuels supporters marocains impliqués.
Un risque diplomatique réel
Même si les autorités appellent au calme, cette affaire pourrait fragiliser temporairement les relations entre Sénégal et Maroc.
Le football au cœur des tensions nationales
Le football reste un puissant vecteur d’émotion collective, capable de générer des tensions politiques et diplomatiques lorsqu’un incident judiciaire survient.