Alors que l’Angola a annoncé l’ouverture de discussions directes entre Kinshasa et le groupe armé AFC/M23 le mardi 18 mars, la participation de la RDC reste incertaine. La présidence congolaise a simplement pris acte de l’invitation, sans confirmer officiellement sa présence.
Kinshasa maintient sa ligne rouge
Le gouvernement congolais refuse depuis trois ans toute négociation directe avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste soutenu par le Rwanda. Cette position a encore été réaffirmée vendredi lors du Conseil des ministres, où le sujet n’a pas été abordé. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a cependant insisté sur la détermination du président Félix Tshisekedi à libérer les zones occupées à l’Est du pays.
Une médiation angolaise sous tension
L’enjeu pour Luanda est d’inscrire ces négociations dans un cadre acceptable pour la RDC, notamment en s’appuyant sur les processus existants :
- Le processus de Luanda, qui encadre les discussions entre Kinshasa et Kigali.
- Le processus de Nairobi, qui réunit les groupes armés ayant accepté de déposer les armes.
La médiation angolaise devra donc convaincre Kinshasa que ces pourparlers ne remettent pas en cause sa ligne diplomatique et militaire face au M23.
Un dilemme politique pour Kinshasa
Si Félix Tshisekedi refuse d’envoyer une délégation, il risque d’apparaître comme fermant la porte au dialogue, au risque de prolonger le conflit. À l’inverse, une participation pourrait être perçue comme un recul stratégique, alors que l’armée congolaise et les Wazalendo continuent leur offensive contre le M23.
Les prochains jours seront donc déterminants pour savoir si Kinshasa choisit le dialogue ou la confrontation.