La prison centrale d’Inongo, dans la province de Maï-Ndombe, vient une fois de plus de révéler son extrême vulnérabilité. Dimanche 9 mars 2025, en plein jour, 22 détenus se sont évadés de cette maison carcérale en ruine. Une évasion rendue possible par l’absence de surveillance et l’état délabré des infrastructures.

Une évasion en toute tranquillité

Il était 10 heures du matin lorsque les détenus ont franchi les murs de la prison d’Inongo sans être inquiétés. Selon Joseph Lilenge, directeur de l’établissement, l’évasion a été facilitée par l’absence du seul policier censé assurer la garde. « Ce dernier s’est retiré de son poste, permettant aux détenus de sortir comme des hommes libres », a-t-il déclaré.

Sur les 22 fugitifs, seulement trois ont été rattrapés. Les 19 autres se sont volatilisés dans la nature, sans laisser de traces.

Une prison en ruine, un danger permanent

Si l’absence de surveillance a joué un rôle clé dans cette évasion, l’état catastrophique de la prison a également contribué à cette situation. Construite en 1928, l’infrastructure est aujourd’hui un vestige du passé, totalement inadapté à la détention.

« Vous entendez parler de prison, mais ce n’en est plus une. Elle est toute détruite. Les murs, les portes, les toitures, tout est vétuste. Il faut absolument une garde permanente, sinon les détenus s’échapperont », alerte Joseph Lilenge.

Les conditions de détention sont des plus précaires :

  • Murs fissurés, menaçant de s’effondrer à tout moment
  • Toiture partiellement emportée, exposant les détenus aux intempéries
  • Fenêtres en bois délabrées, faciles à forcer
  • Infirmerie abandonnée, transformée en dépôt de briques cuites
  • Salle d’audience envahie par les herbes, inutilisable depuis des années

Dans cet état, l’établissement pénitentiaire ne peut plus remplir sa fonction. Les 23 détenus restants vivent dans un espace où l’insécurité est constante, et où chaque jour pourrait être marqué par une nouvelle évasion.

Une situation chronique d’abandon

L’évasion de dimanche n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, la prison d’Inongo est en proie à un abandon progressif. Le manque de financements et l’absence d’entretien ont transformé ce lieu en une coquille vide, où même les policiers de garde semblent avoir perdu tout engagement.

Dimanche, un seul agent était en poste, une situation devenue la norme dans cette prison qui peine à assurer un minimum de sécurité. Faute de subventions et de réhabilitations, l’établissement se meurt, laissant la porte ouverte à des évasions répétées.

Un cri d’alarme pour les autorités

Face à cette énième alerte, il devient impératif que les autorités agissent rapidement. La réhabilitation de la prison d’Inongo ne doit plus être une simple promesse, mais une priorité.

Loin d’être un simple incident, cette évasion massive met en lumière l’état général du système carcéral en République Démocratique du Congo. L’absence de moyens, l’insalubrité des infrastructures et le manque de personnel qualifié sont des défis majeurs qui doivent être relevés pour garantir un minimum de sécurité et de dignité dans ces établissements.

Le gouvernement et les autorités provinciales doivent prendre leurs responsabilités. La prison d’Inongo ne peut plus continuer à être un lieu d’incarcération fictif, où les détenus n’attendent que l’occasion de s’évader.

Si rien n’est fait, cette prison finira par n’être plus qu’un souvenir…

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