Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a signé une ordonnance présidentielle transformant la peine de mort de trois citoyens américains condamnés dans l’affaire du coup d’État avorté du 19 mai 2024 en servitude pénale à perpétuité. L’annonce a été faite dans la nuit de mardi à mercredi sur la télévision nationale par Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État.

Qui sont les bénéficiaires de cette grâce présidentielle ?

Les trois condamnés ayant bénéficié de cette mesure sont :

  • Marcel Malanga Malu, fils du leader des assaillants, Christian Malanga
  • Zalman Paulen Benjamin
  • Taylor Kristo Thomson

Ils avaient été arrêtés après une tentative de prise de pouvoir par la force menée par Christian Malanga, un exilé politique et opposant au régime de Félix Tshisekedi. Leur groupe, armé, avait attaqué la résidence de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, avant de tenter de s’emparer du Palais de la Nation, l’un des bureaux officiels du chef de l’État congolais.

Christian Malanga avait été abattu par les forces de l’ordre, tandis que ses hommes, dont son fils Marcel Malanga, étaient arrêtés. La Cour militaire de Kinshasa-Gombe, siégeant à la prison de Ndolo, les avait condamnés à la peine de mort pour terrorisme, détention illégale d’armes et munitions de guerre, tentative d’assassinat, meurtre et financement du terrorisme.

Un procès sous tension et une décision qui interroge

L’affaire avait suscité de vives réactions en RDC comme à l’international, notamment en raison de la présence d’étrangers dans cette tentative de coup d’État. Sur les 37 accusés, 35 avaient été condamnés à la peine capitale, tandis que deux avaient été acquittés.

Avec cette ordonnance présidentielle, la peine de mort des trois ressortissants américains est commuée en servitude pénale à perpétuité, une décision qui pourrait être interprétée comme un geste diplomatique envers Washington, alors que les relations entre la RDC et les États-Unis sont stratégiques, notamment dans le cadre de la crise sécuritaire à l’Est du pays.

Nominations et promotions dans la magistrature et l’armée

Outre cette grâce présidentielle, Félix Tshisekedi a signé plusieurs autres ordonnances :

  • Nomination de magistrats civils et militaires, avec promotion au grade de substitut du procureur et de l’auditeur militaire de garnison.
  • Deux officiers généraux élevés au grade de lieutenant-général des Forces armées de la RDC (FARDC).
  • Plusieurs autres officiers promus au grade de général-major.

Ces décisions visent à renforcer le système judiciaire et la hiérarchie militaire, dans un contexte où l’armée congolaise est engagée dans des combats contre des groupes rebelles à l’Est du pays.

Une conférence des gouverneurs sous le signe de la santé et du développement

Enfin, une autre ordonnance présidentielle convoque la 12ᵉ Conférence des gouverneurs de province, qui se tiendra du 10 au 13 juin 2025 à Kolwezi (province du Lualaba).

Thème de cette édition : “La santé comme facteur de cohésion sociale et de développement durable des provinces”.

Cette rencontre rassemblera les chefs des exécutifs provinciaux pour débattre des défis de gouvernance, notamment en matière d’infrastructures sanitaires et de gestion du développement local.

Un tournant politique et sécuritaire pour la RDC

Ces décisions du président Tshisekedi s’inscrivent dans un contexte politique et sécuritaire tendu, entre la menace des groupes armés à l’Est, la pression diplomatique internationale et la nécessité de renforcer les institutions de l’État.

Si la commutation de peine des trois Américains suscite des interrogations, elle reflète également la volonté du pouvoir congolais de contrôler son image à l’international, tout en restant ferme sur les questions de sécurité intérieure.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *