Le général Michael Langley, chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), est auditionné ce jeudi 3 avril 2025 par la commission sénatoriale des forces armées. Cette audition intervient alors que l’administration du président Donald Trump remet en question la présence militaire américaine sur le continent africain et envisage une restructuration majeure d’AFRICOM.
Un avenir incertain pour AFRICOM
Selon des informations rapportées par CNBC le 18 mars, la Maison-Blanche étudie la possibilité de fusionner AFRICOM avec le Commandement européen des États-Unis (EUCOM). Cette nouvelle entité, qui serait basée à Stuttgart, en Allemagne, marquerait une réduction significative de l’empreinte militaire américaine en Afrique. L’objectif de cette réforme serait de réorienter les ressources militaires vers la région Indo-Pacifique, jugée plus stratégique dans le contexte de la rivalité avec la Chine.
Cette possible restructuration suscite des réactions au Congrès. Des élus républicains, dont Mike Rogers, président de la commission des forces armées à la Chambre des représentants, et Roger Wicker, sénateur influent en Louisiane, se sont opposés à une telle mesure, dénonçant une décision précipitée aux conséquences potentiellement dangereuses pour la sécurité américaine et africaine.
Une audition cruciale
Face aux sénateurs, le général Langley devra défendre la pertinence d’AFRICOM et démontrer son rôle stratégique dans la lutte contre le terrorisme et la présence croissante de la Chine et de la Russie sur le continent. Les États-Unis, qui comptent environ 6 000 soldats en Afrique, ont récemment réduit leurs effectifs dans des pays comme le Niger et la Somalie, suscitant des inquiétudes quant à la capacité de Washington à maintenir son influence.
Cette audition pourrait être déterminante pour l’avenir de la présence militaire américaine en Afrique. Si la réforme venait à être adoptée, elle marquerait un tournant dans la politique étrangère des États-Unis sur le continent, avec un désengagement progressif au profit d’autres priorités stratégiques.
Un test pour la politique africaine de Trump
L’issue de cette audition sera scrutée de près par les partenaires africains des États-Unis, qui s’interrogent sur la volonté de Washington de maintenir son engagement face aux menaces sécuritaires régionales. Pour le général Langley, c’est une bataille essentielle : celle de la survie d’AFRICOM en tant qu’entité autonome.