Alors que 46 % des musulmans interrogés envisageraient de quitter la France si Marine Le Pen accédait à l’Élysée, la candidate du Rassemblement national affirme que leurs craintes sont infondées. Elle défend la compatibilité de l’islam avec la République, tout en maintenant ses propositions contre le voile dans l’espace public.
Marine Le Pen a tenté de rassurer les Français de confession musulmane qui redoutent les conséquences d’une éventuelle victoire du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2027. Invitée jeudi sur CNews, elle a affirmé vouloir être « la présidente de tous les Français », estimant que ceux qui envisagent de quitter le pays en cas de son arrivée au pouvoir « ont tort ».
Cette réaction fait suite à un sondage de l’Ifop pour Marianne, selon lequel 46 % des musulmans interrogés envisageraient de s’installer à l’étranger si la candidate du RN remportait l’élection présidentielle.
« C’est leur pays, ils sont Français. On n’a qu’un pays », a-t-elle déclaré, insistant sur l’appartenance des musulmans à la communauté nationale et sur leur droit à participer à la vie démocratique.
Islam et République : Marine Le Pen pose ses limites
Interrogée sur les inquiétudes exprimées par une partie des musulmans, Marine Le Pen a défendu la liberté de pratiquer l’islam, tout en distinguant la religion de l’islamisme radical.
« L’islam est compatible avec la République », a-t-elle assuré, avant d’ajouter que « ce qui n’est pas compatible avec la République, c’est la charia et le fondamentalisme islamiste ».
La candidate a ainsi réaffirmé sa volonté de combattre les mouvements qu’elle considère comme contraires aux principes républicains.
Le voile au cœur de ses propositions
Ces déclarations interviennent alors que Marine Le Pen maintient son projet d’interdire progressivement le port du voile dans l’espace public. Elle souhaite notamment organiser un référendum sur cette question et prévoit des restrictions dans plusieurs lieux, dont les universités, les fédérations sportives et les bâtiments publics, selon les propositions évoquées.
La candidate avait également défendu, lors de la présidentielle de 2022, l’interdiction de l’abattage des animaux sans étourdissement préalable. Une telle mesure aurait des conséquences sur les pratiques d’abattage rituel musulmanes et juives, notamment pour la production de viande halal et casher.
Selon la même enquête de l’Ifop pour Marianne, 21 % de l’ensemble des Français interrogés envisageraient de quitter le territoire en cas de victoire de Marine Le Pen. Cette proportion atteindrait 44 % parmi les personnes de confession juive et 43 % chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
À l’approche de la présidentielle de 2027, ces déclarations illustrent les tensions autour de la place de la religion dans l’espace public français et les interrogations que suscite le programme du Rassemblement national auprès de certaines catégories de la population.
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