À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, plusieurs mobilisations ont eu lieu en Europe pour dénoncer les violences faites aux femmes, notamment en République démocratique du Congo (RDC), où des atrocités sont perpétrées depuis plus de 30 ans dans l’Est du pays.
Un sit-in au Luxembourg pour exiger justice
Samedi 8 Mars, un sit-in a été organisé sur la Place du Luxembourg, au Grand-Duché de Luxembourg, à l’initiative de l’Association des Congolais du Luxembourg. L’objectif de cette manifestation était de dénoncer les crimes restés impunis en RDC, en particulier les violences faites aux femmes dans un contexte de guerre et d’exploitation des ressources naturelles.
Cette mobilisation a rassemblé une cinquantaine de personnes, dont des membres de la diaspora congolaise venue de Belgique, ainsi que des militants d’autres nationalités exprimant leur solidaritéenvers les victimes congolaises.
« Ensemble, nous avons voulu montrer que la voix des opprimés peut résonner fort et clair. Continuons à nous unir et à lutter pour un avenir où la justice prévaudra enfin », a déclaré Audrey Mundine, coordinatrice du Collectif des associations congolaises de Belgique.
L’un des intervenants, Me Sonny Kabeya, a exhorté le Luxembourg à aller au-delà du retrait de son veto aux sanctions européennes contre le Rwanda, accusé de soutenir le M23.
« Il faut aussi stopper immédiatement le financement du Centre financier de Kigali, qui risque de devenir une plaque tournante pour l’argent issu de la contrebande des minerais du sang congolais », a-t-il insisté.
La présence du député luxembourgeois Sven Clément a été saluée par les manifestants, qui y ont vu un soutien politique fort à leur cause.
Le Luxembourg, rappelons-le, avait été le seul pays à bloquer les décisions de l’Union européenne visant à sanctionner le Rwanda, lors du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE le 24 février dernier.
À Bruxelles, une mobilisation massive pour les droits des femmes

Pendant ce temps, à Bruxelles, près de 1000 femmes, dont des Congolaises venues de plusieurs pays européens (France, Pays-Bas, Belgique…), ont marché pour dénoncer les inégalités persistantes et les violences faites aux femmes.
Dans une ambiance de lutte, rythmée par des tambours et des slogans engagés, les manifestantes ont exprimé leur indignation face à l’aggravation des violences sexistes et sexuelles dans le monde.
Le collectif “Genocost” et “Free Congo”, rassemblant des militantes congolaises et leurs alliés, a particulièrement dénoncé la situation dramatique des femmes en RDC, où le viol est utilisé comme arme de guerre depuis plusieurs décennies.
« Depuis trois décennies, le viol est une arme de guerre en RDC et la communauté internationale ne peut plus rester silencieuse face à cette tragédie humanitaire », a déclaré Brenda Odimba, l’une des porte-paroles de la mobilisation.
Elle a également rappelé les statistiques alarmantes sur les violences sexuelles dans l’Est de la RDC :
- Plus de 50 000 femmes violées entre 2010 et 2020 (source : Human Rights Watch)
- Environ 1 000 femmes violées chaque mois (source : ONU)
Le collectif Genocost a pointé du doigt l’exploitation illégale des ressources naturelles, notamment du coltan et d’autres minerais stratégiques, comme un facteur clé de la persistance des violences.
« Les violences faites aux femmes en RDC sont directement liées aux conflits économiques et géopolitiques autour des minerais stratégiques, exploités avec la complicité de multinationales », ont dénoncé les manifestantes.
Un appel à l’action contre l’impunité
Les différentes mobilisations à Luxembourg et Bruxelles ont réclamé des actions concrètes de la communauté internationale :
- Sanctions renforcées contre le Rwanda et les groupes armés impliqués dans les crimes
- Pression accrue sur les multinationales exploitant illégalement les minerais congolais
- Justice pour les victimes de violences sexuelles et poursuites contre les responsables de ces crimes
Les organisateurs promettent de maintenir la pression et d’intensifier leurs actions dans les mois à venir, afin que la voix des victimes congolaises soit enfin entendue.
« Tant que l’impunité persistera, nous continuerons à nous mobiliser », ont-ils conclu.
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