Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a poursuivi ce jeudi l’opération de rapatriement volontaire des réfugiés rwandais vivant en RDC, avec 610 personnes ramenées au Rwanda, portant à 1 710 le nombre total de rapatriés depuis le samedi précédent.
Ces rapatriements concernent principalement des femmes, des enfants, des personnes âgées et vivant avec handicap, selon Eijun Byun, porte-parole du HCR à Genève. Tous ont été identifiés comme réfugiés rwandais, en conformité avec le principe de non-refoulement.
Originaires du territoire de Masisi, où ils s’étaient réfugiés après le génocide de 1994, ces familles vivaient récemment à Sake, près de Goma, dans des conditions précaires. Leur retour au Rwanda a été précipité par l’avancée des rebelles de l’AFC/M23, qui ont pris le contrôle de leurs villages d’accueil à Karhenga et Kanyaruchinya.
Sur place, les témoignages sont poignants.
Jean-Baptiste Nsengiyunva, 43 ans :
« Les autorités du M23 nous ont demandé de rentrer chez nous. Ils nous ont conduits au HCR. C’est important de pouvoir retourner chez soi. »
Jeannette Imanyishimwe, mère de quatre enfants :
« Mon mari a été rapatrié samedi. J’ai été prise en charge avec mes enfants. Je rentre enfin chez moi, après huit ans au Congo. »
Du côté rwandais, les autorités ont salué leur retour.
Pacifique Ishimwe, maire adjointe du district de Rubavu, a déclaré :
« Ils étaient otages des FDLR. Aujourd’hui, ils rentrent chez eux. Nous leur garantissons sécurité et réintégration. »
Ce retour massif se déroule dans un contexte régional très tendu, marqué par des accusations de collusion entre le M23 et le Rwanda, notamment après la remise récente de vingt présumés FDLR au régime de Kigali.