La République Démocratique du Congo (RDC) a annoncé, ce lundi 7 avril 2025, la suspension immédiate de tous les contrats et démarches de lobbying engagés avec des firmes américaines, notamment la société Earhart Turner LLC. C’est ce qui ressort d’un communiqué signé par Tina Salama, porte-parole du Président Félix Tshisekedi, publié sur le réseau social X.

Cette décision intervient quelques jours après la visite à Kinshasa du Conseiller principal pour l’Afrique du Président américain Donald Trump, Massad Boulos, reçu par le chef de l’État congolais à la Cité de l’Union africaine, jeudi 3 avril.

Selon la Présidence congolaise, cette suspension vise à privilégier les échanges directs entre les deux gouvernements, dans un souci de transparence et de consolidation des relations bilatérales.

« La RDC retient dans sa démarche l’impératif de privilégier des échanges directs avec la nouvelle administration américaine, et cela, par des canaux officiels et autorisés », peut-on lire dans le communiqué.

Vers un partenariat stratégique sur les minerais

Lors de sa visite, Massad Boulos s’est exprimé sur les perspectives économiques et les enjeux sécuritaires dans l’Est de la RDC, affirmant que les discussions avec le Président Tshisekedi avaient permis d’esquisser un accord sur les minerais, destiné à encourager l’investissement américain dans le pays.

« Je me réjouis de collaborer avec le Président Félix Tshisekedi pour établir une relation plus profonde entre nos deux peuples, notamment dans le secteur minier », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’investissements de plusieurs milliards de dollars, d’emplois, de transfert de connaissances et de développement d’infrastructures ».

Boulos a insisté sur la nécessité de garantir un environnement sécurisé et propice aux affaires, soulignant l’engagement des États-Unis à contribuer à la fin du conflit dans l’Est du pays.

Des critiques en interne

Cependant, cette dynamique suscite déjà des critiques de l’opposition congolaise, qui accuse le Président Tshisekedi de vouloir « brader les ressources naturelles » du pays dans un contexte de fragilité politique et de crise sécuritaire. Pour certains, cette manœuvre viserait à raffermir son pouvoir, notamment face à la menace persistante du M23, appuyé par le Rwanda selon plusieurs rapports.

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