La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à imposer des quotas d’exportation de cobalt, après une suspension de quatre mois à l’échelle internationale. L’objectif ? Réguler l’offre mondiale et stabiliser les prix de ce métal stratégique, essentiel pour les batteries de véhicules électriques et les nouvelles technologies.

Lors d’une réunion du cabinet tenue à la Primature, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a annoncé que la RDC envisage de coopérer avec l’Indonésie, un autre acteur majeur du marché du cobalt, afin d’ajuster l’offre mondiale et éviter une chute prolongée des prix.

Deux mesures clés pour limiter l’excédent de cobalt

Selon le compte rendu officiel de la réunion, consulté par Reuters, la RDC prévoit d’agir sur deux leviers :

1. Limiter les exportations en imposant des quotas pour mieux maîtriser l’offre mondiale.

2. Encourager la transformation locale du cobalt afin d’augmenter la valeur ajoutée sur place et réduire la dépendance aux exportations brutes.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où les prix du cobalt ont chuté à des niveaux historiquement bas. En cause : une demande en baisse du secteur automobile et une production accrue de cuivre, dont le cobalt est un sous-produit.

Une alliance stratégique avec l’Indonésie

La RDC et l’Indonésie ont engagé des discussions pour coordonner leurs politiques d’exportation et éviter une saturation du marché. Dadan Kusdiana, haut responsable du ministère indonésien de l’Énergie et des Ressources minérales, a confirmé que des pourparlers ont eu lieu à Jakarta avant que la RDC ne mette en place ses restrictions.

Dans cette dynamique, l’Indonésie prévoit également d’imposer une redevance de 2 % sur la teneur en cobalt des productions de matte de nickel, un élément clé pour le marché des batteries.

Une stratégie pour influencer le marché mondial

de cobalt, la RDC joue un rôle majeur dans la régulation de l’offre mondiale. En s’associant avec l’Indonésie, le pays cherche à reprendre la main sur les prix et à éviter une chute prolongée du marché.

Cette initiative pourrait également renforcer la position de la RDC sur le plan international, en attirant des investissements dans l’industrie de transformation locale. Si la RDC parvient à développer son secteur de raffinage, elle pourrait non seulement réduire sa dépendance aux exportations brutes, mais aussi mieux négocier ses contrats avec les grandes multinationales du secteur.

Cependant, ces mesures ne seront efficaces que si elles sont accompagnées d’une politique cohérente de développement industriel et d’un cadre réglementaire clair, afin d’assurer la transparence et la stabilité du secteur minier congolais.

Avec cette nouvelle stratégie, la RDC espère ainsi maîtriser l’offre mondiale de cobalt, garantir des revenus plus stables et jouer un rôle clé dans l’avenir des technologies vertes.

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